La crise couvait depuis des mois. Elle a finalement éclaté. L’opérateur privé qui héberge depuis 2024 les étudiants de l’Institut supérieur de technologie (IST) a décidé de suspendre toutes les activités académiques sur son site de Bikélé. En cause : plus de 304 millions de FCFA de loyers impayés, que l’État gabonais n’aurait jamais réglés malgré les engagements contractuels.
Une annonce qui plonge les étudiants et leurs familles dans la sidération.
En mars 2024, afin de pallier l’urgence infrastructurelle de l’IST, les autorités avaient conclu un bail administratif avec un compatriote propriétaire d’un complexe éducatif privé situé à Bikélé. L’objectif : assurer temporairement l’accueil des promotions en cours et éviter une interruption du service public universitaire.
Mais d’après les documents transmis au gouvernement, aucun paiement n’a été effectué depuis la signature du contrat, alors même qu’un ordre de paiement avait été établi. Résultat : une dette colossale de 304,655 millions de FCFA, comprenant les 109 millions dus pour la première année et les 195 millions de la seconde.
Dans une correspondance adressée au Vice-président du gouvernement et datée du 6 novembre 2025, le propriétaire dresse un tableau alarmant de sa situation. Il affirme avoir atteint un risque de défaut bancaire, faute de pouvoir honorer ses engagements auprès de ses créanciers.
Il rappelle également que, dans un contrat administratif, l’État est tenu de respecter la continuité du service public et la sécurité juridique. Les multiples relances adressées aux ministères concernés seraient restées sans suite concrète.
Estimant se trouver dans une « impasse totale », le propriétaire indique que le site sera fermé à partir du 20 novembre 2025, à 06h00, si aucune solution urgente n’est trouvée.
Mais un premier pas a déjà été franchi : une note interne adressée aux étudiants et aux parents annonce l’arrêt immédiat des cours.
Le message, diffusé tôt le matin, enjoint les apprenants en route pour le campus de « faire demi-tour » et précise que la barrière d’accès a été fermée par décision du propriétaire.
Une situation inédite, qui a provoqué incompréhension et inquiétude au sein de la communauté académique.
Si la fermeture devait être confirmée, plusieurs centaines d’étudiants se retrouveraient sans lieu d’étude, dans un pays où les infrastructures universitaires peinent déjà à répondre à la demande.
L’opérateur sollicite désormais une médiation en urgence du Vice-président du gouvernement, afin d’éviter ce qu’il qualifie de « blocage institutionnel aux conséquences lourdes ».
Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été communiquée. Le gouvernement est attendu au tournant, tant cette crise met en lumière les difficultés structurelles de l’enseignement supérieur gabonais.
Informations recueillies auprès de Gabon Média Time.