Affaire des 1 700 milliards de FCFA : six personnalités demandent des preuves après la publication de leurs noms

Libreville, 16 septembre 2026 Cités dans une publication du 14 septembre dernier consacrée à l’affaire dite des 1 700 milliards de FCFA, six anciens cadres de Libertis ont décidé de réagir publiquement. Dans une déclaration de presse, Noël Borobo Epembia, Fulbert Andjaï, Henri André Ogouamba, Jean-Pierre Nkori, Léopold Marius Ossiyi et Émile Wani contestent tout amalgame entre leur démarche judiciaire de 2007 et une éventuelle condamnation pour détournement de deniers publics.

Les six signataires réagissent à un article publié par « Le Grand Reporter », intitulé « Affaire des 1 700 milliards de FCFA : la liste des 61 personnalités indexées », dans lequel leurs noms apparaissent.

Les intéressés reconnaissent avoir saisi, en 2007, plusieurs institutions de la République afin que soient examinées les conditions dans lesquelles s’était déroulée la privatisation de Gabon Télécom et de Libertis.

Ils précisent notamment avoir saisi la Cour des comptes par un courrier daté du 16 avril 2007, enregistré le 23 avril de la même année sous le numéro 00140.

La procédure concernait une demande intitulée : « Gabon Télécom-Libertis – Demande de déclaration de non-conformité des actes de Privatisation de Gabon-Télécom ».

Au cœur de leur mise au point figure la décision rendue le 6 août 2007 par la Cour des comptes, référencée n°08/06-07/CC/GC 2.

Selon les six anciens cadres, la juridiction avait considéré qu’elle n’était pas compétente pour apprécier la constitutionnalité ou l’inconstitutionnalité des actes réglementaires ou conventionnels. Leur requête avait ainsi été déclarée irrecevable pour cause d’incompétence de la juridiction saisie.

Les signataires insistent donc sur la distinction entre être requérant dans une procédure et être condamné pour détournement de deniers publics.

« Être requérant dans une procédure visant à contester des actes de privatisation n’est pas être condamné pour détournement de deniers publics », soutiennent-ils.

« Nous demandons les faits, les décisions et les preuves »

Face à la publication qui les cite, les six hommes demandent que les éléments permettant d’établir précisément leur éventuel lien avec l’affaire des 1 700 milliards de FCFA soient rendus publics.

Ils souhaitent notamment connaître la décision de justice qui les concernerait personnellement, son numéro et sa date, la juridiction l’ayant rendue, les faits qui leur seraient reprochés ainsi que, le cas échéant, les montants qui leur seraient individuellement imputés.

Ils demandent également que soit précisée la nature d’une éventuelle condamnation ou mise en débet.

Un appel à la prudence des médias et réseaux sociaux

Les six signataires appellent par ailleurs les médias, influenceurs et utilisateurs des réseaux sociaux à faire preuve de rigueur dans le traitement de cette affaire.

Ils estiment que lorsque des personnes sont nommément citées dans une affaire susceptible de porter atteinte à leur réputation, les informations diffusées doivent être accompagnées de sources et d’éléments vérifiables.

Ils indiquent enfin se réserver la possibilité d’engager, « selon les voies légalement appropriées », des démarches en vue d’obtenir une rectification, un retrait, un droit de réponse ou toute autre réparation qui pourrait être justifiée.

« Les noms peuvent être publiés. Les faits doivent être démontrés »

Dans leur déclaration, les six anciens cadres affirment assumer pleinement leur démarche de 2007 et se disent disposés à produire les documents en leur possession afin d’éclairer les circonstances de leurs démarches auprès des institutions de la République.

Ils concluent leur déclaration par un message clair : « Les noms peuvent être publiés. Les faits, eux, doivent être démontrés. »

La rédaction de Réflexe Infos rappelle que les éléments présentés dans cette déclaration constituent la position des six signataires. Toute appréciation définitive sur leur éventuelle responsabilité dans l’affaire évoquée doit être fondée sur les décisions judiciaires et documents officiels pertinents.

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