Du 4 au 10 novembre, la capitale gabonaise accueille la première édition du Tournoi amical international de football féminin. Une compétition qui entend offrir davantage de visibilité aux jeunes talents de la sous-région, tout en mettant en lumière les défis liés au développement de la discipline.
Le football féminin d’Afrique centrale cherche à franchir un nouveau cap. À Libreville, cette ambition prend forme à travers la première édition du Tournoi amical international de football féminin (TAIFF 2026), qui réunit plusieurs formations de la sous-région du 4 au 10 novembre. Derrière les confrontations sportives, l’objectif est de créer un espace de compétition et d’évaluation pour les jeunes joueuses, notamment celles appelées à représenter leurs pays dans les prochaines échéances continentales.
Initiée par le Collectif de football féminin de l’Afrique centrale (COFFAC), avec l’appui de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) et le soutien de la FIFA, cette rencontre régionale entend répondre à une problématique persistante : le manque de compétitions régulières permettant aux jeunes footballeuses de se confronter au niveau international. La cérémonie d’ouverture a notamment enregistré la présence de Clémence Ossey, vice-présidente de la FEGAFOOT et présidente de la Commission du football féminin gabonais, ainsi que de plusieurs responsables sportifs.
Sur le rectangle vert, les premières oppositions ont rapidement donné le ton. Pour son entrée dans la compétition, le Gabon n’a pas connu le départ espéré. Face à Sporting Nyanga, les Panthères se sont inclinées sur le score de 5 buts à 2. Une première sortie difficile qui soulève des interrogations sur le niveau de préparation de la sélection, mais que le staff technique entend également exploiter comme un outil d’évaluation.
La sélectionneuse nationale, Jeanne Moussavou, a ainsi mis l’accent sur l’observation des joueuses et l’identification des insuffisances à corriger plutôt que sur le seul résultat. Une manière de rappeler que ce tournoi constitue aussi un laboratoire de travail pour les encadrements techniques.
Du côté de Sporting Nyanga, cette victoire ne masque toutefois pas les difficultés structurelles auxquelles les joueuses restent confrontées. Ntogone Mezui Alvina a notamment relevé le potentiel de son groupe, tout en pointant l’absence d’un championnat national régulier. Une situation qui limite le temps de jeu et ralentit la progression des athlètes. Dès lors, une question demeure : comment prétendre construire une sélection nationale compétitive sans un véritable calendrier de compétitions locales ?
Les autres rencontres de cette première journée ont également livré leurs enseignements. Le Congo a réussi son entrée en dominant Sao Tomé-et-Principe sur le score de 4 buts à 1. Une prestation convaincante qui témoigne de la capacité des Congolaises à imposer leur rythme et à concrétiser leurs occasions.
En revanche, l’affiche entre la République centrafricaine et le Tchad s’est achevée sur un résultat nul (1-1). Après avoir ouvert le score, les Tchadiennes ont vu leurs adversaires revenir dans la partie. Malgré les tentatives des deux formations pour arracher la victoire, aucune n’est parvenue à prendre définitivement l’avantage.
Ces premières confrontations donnent ainsi un aperçu des forces en présence, mais aussi des écarts de préparation entre les différentes équipes engagées.
Si le TAIFF 2026 constitue une opportunité pour les jeunes joueuses de gagner en expérience, sa portée ne saurait se limiter aux résultats enregistrés durant cette semaine de compétition. Le véritable enjeu se situe dans la continuité qui sera donnée à cette initiative.
Pour le Gabon, notamment, les difficultés évoquées autour de l’absence d’un championnat régulier interpellent sur la politique de développement du football féminin. Les tournois internationaux peuvent certes favoriser la détection et renforcer les capacités des joueuses, mais ils ne sauraient remplacer un dispositif national structuré.
La formation des encadreurs, la multiplication des compétitions locales, l’amélioration des infrastructures et l’accompagnement des clubs constituent autant de leviers indispensables pour permettre aux jeunes talents de progresser durablement.
En accueillant cette première édition, Libreville offre donc une tribune aux espoirs du football féminin régional. Mais au-delà de cette mobilisation sportive, le TAIFF pose une question essentielle : les fédérations participantes sauront-elles transformer cette expérience internationale en un véritable projet de développement pour le football féminin ?
Car si les talents sont présents, encore faut-il leur offrir les moyens de s’exprimer et de construire leur avenir.
La rédaction de reflexeinfos