Le gouvernement gabonais entend donner un nouveau souffle au secteur privé. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé le déblocage de 51 milliards de francs CFA destinés à apurer une partie de la dette intérieure de l’État envers les entreprises.
L’annonce intervient à l’issue d’une rencontre entre le chef de l’État et des représentants de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG) ainsi que plusieurs dirigeants de PME et PMI. Au cœur des échanges : les difficultés de trésorerie rencontrées par les entreprises et la nécessité de préserver les emplois et l’activité économique.
Sur les 51 milliards annoncés, 21 milliards de FCFA doivent permettre le règlement de 1 478 ordonnances de paiement, tandis que 30 milliards sont destinés notamment aux créances des secteurs Forêt-Bois et minier.
Pour les entreprises concernées, le paiement de ces créances représente une bouffée d’oxygène. Les retards de règlement de l’État peuvent en effet fragiliser la trésorerie des sociétés, compliquer le paiement des fournisseurs et des salariés et ralentir certains investissements.
L’objectif affiché est donc de permettre aux entreprises de retrouver davantage de marges de manœuvre afin de maintenir leurs activités, préserver les emplois et participer à la relance économique du pays.
Une mesure importante, mais pas suffisante ?
Si l’annonce est accueillie comme un signal positif pour le secteur privé, elle ne règle toutefois pas l’ensemble de la question de la dette intérieure. Des estimations publiées ces derniers mois faisaient état d’un encours de dette intérieure de plusieurs milliers de milliards de FCFA.
Les 51 milliards annoncés apparaissent ainsi comme une première étape dans un processus d’apurement plus large. L’enjeu sera désormais de savoir si cette opération permettra réellement aux entreprises bénéficiaires de relancer leurs activités et si d’autres règlements suivront.
À quelques jours de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, cette décision place une nouvelle fois la question du soutien au secteur privé au cœur des priorités économiques du pays.
Une question demeure : ces 51 milliards permettront-ils réellement de relancer durablement les entreprises gabonaises, ou ne constituent-ils qu’un premier pas face à l’ampleur des créances accumulées ?