Affaire île Mbanié : le président du Mouvement politique Les Amis de la République livre son analyse

Le débat autour de la souveraineté de l’île Mbanié continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique gabonaise. Parmi les voix qui se sont exprimées figure celle de Gervais Nzovi Moulengui, président du Mouvement politique Les Amis de la République, qui livre son analyse sur ce dossier qu’il qualifie de sensible pour la souveraineté nationale.

Selon lui, le manque de communication du Palais du Bord de mer sur cette question ne contribue pas à rassurer les populations. Il estime également que la décision de la Cour internationale de Justice (CIJ) repose sur des éléments qu’il juge insuffisants.

« Je trouve légère la décision de la CIJ qui repose sur un document fourni par l’Espagne. Or, l’Espagne ne dispose d’aucun document physique concernant l’île Mbanié, mais explique simplement qu’elle considère ces îles comme des dépendances de Corisco », affirme-t-il.

Le président des Amis de la République soutient qu’aucun des traités internationaux conclus par l’Espagne ne ferait explicitement mention de Mbanié, ni avec la Guinée équatoriale, ni avec la France. Il rappelle également qu’en 1974, selon lui, ni l’Espagne ni la Guinée équatoriale ne disposaient de documents établissant leur souveraineté sur l’île, une situation qui, d’après ses propos, demeurerait inchangée aujourd’hui.

Poursuivant son raisonnement, Gervais Nzovi Moulengui estime qu’il n’existe aucune donnée scientifique permettant d’étayer la thèse selon laquelle Mbanié serait une dépendance naturelle de Corisco. Il ajoute que, si un tel argument devait être retenu,

il serait tout aussi possible, selon lui, de soutenir que l’île de Corisco, au regard de sa configuration géographique, constituerait un détachement des côtes gabonaises dans la zone sud de Cocobeach. Il considère donc qu’un tel raisonnement serait incohérent.

Pour le responsable politique, quelle que soit l’issue du dossier, le Gabon ne devrait accepter aucune atteinte à son intégrité territoriale.

« Aucun centimètre carré de notre territoire ne devrait être cédé, quelles que soient les circonstances et le temps que prendra le règlement de ce dossier », déclare-t-il.

Enfin, Gervais Nzovi Moulengui conclut son intervention par une déclaration politique, estimant que « la seule issue possible serait que ce pays frère renonce à sa souveraineté et devienne la dixième province du Gabon ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte où la question de l’île Mbanié demeure un sujet majeur de souveraineté et continue d’alimenter les débats au Gabon.

Stelly Neomy

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